SRAS-CoV-2 : Prise en charge des usagers et des travailleurs de la santé ayant des symptômes dans les jours suivant la vaccination COVID-19 en milieux de soins

Depuis le début de la vaccination contre la COVID-19, les données recueillies indiquent que les personnes vaccinées sont susceptibles, dans une proportion significative, de présenter différents symptômes dans les jours suivant la vaccination. Considérant que ces symptômes peuvent ressembler à ceux compatibles avec la COVID-19, des recommandations sur la prise en charge des usagers et des travailleurs de la santé ayant des symptômes post vaccination sont nécessaires. Il est aussi important de tenir compte du fait que les symptômes post-vaccination peuvent être plus marqués lors de l’administration d’une deuxième dose de vaccin à ARN messager et que cet effet pourrait se répéter (et peut-être s’amplifier) avec des doses subséquentes.

Ce document a comme objectif de baliser la gestion, en milieux de soins1, des usagers et des travailleurs de la santé (TdeS) qui présentent des symptômes suite à la réception d’un vaccin contre la COVID-19. Des algorithmes ont été élaborés pour guider la prise de décision dans ces situations.

La prise en charge d’un usager qui développe des symptômes post vaccination pour la COVID-19 est différente de celle pour un TdeS. L’impact de l’instauration des précautions additionnelles pour un usager est moindre que celui du retrait d’un TdeS. Il faut entre autres considérer la possibilité que le retrait simultané de plusieurs TdeS puisse entraîner des bris de service.

Ces recommandations sont formulées à la lumière des données scientifiques disponibles à ce jour sur les vaccins actuellement utilisés contre la COVID-19 et leurs effets secondaires et tiennent compte de l’évolution des connaissances. Elles seront ajustées selon les nouvelles connaissances à venir.

Les recommandations élaborées dans ce document sont basées sur les données concernant les vaccins suivants :

  • Deux vaccins inactivés à acide ribonucléique (ARNm) messager contre la COVID-19 sont actuellement distribués au Canada :
    • MOD COVID-19 de Moderna (Spikevax).
    • PB COVID-19 de Pfizer/BioNTech (Cominarty).
  • Trois vaccins inactivés à vecteur viral contre la COVID-19 sont aussi distribués au Canada :
  • AZ COVID-19 de AstraZeneca (Vaxzevria) et Covishield du Serum Institute of India. Ces deux vaccins sont fabriqués selon la même technologie, c’est pourquoi l’immunogénicité et l’innocuité des deux produits sont jugés comparables par Santé-Canada.
  • JAN COVID-19 de Janssen.
  • Pour plus d’informations sur ces vaccins, consulter le Protocole d’immunisation du Québec (PIQ).
  • La vaccination contre la COVID-19 n’influence pas les résultats des tests de laboratoire pour la recherche du SRAS-CoV-2.

Constats et recommandations

  • Considérant que les manifestations cliniques post vaccination peuvent ressembler à des symptômes compatibles avec la COVID-19 ou d’autres infections (respiratoires, gastro-entériques), il faut en tenir compte dans la prise en charge des usagers ou des TdeS présentant de tels symptômes, tel qu’illustré dans les algorithmes qui suivent (voir le document).
  • Bien que la présence de la rhinorrhée comme unique symptôme n’ait pas une bonne valeur prédictive d’une infection à SRAS-CoV-2, elle peut être considérée comme symptôme unique pour le dépistage de la COVID-19 en post-vaccination puisqu’elle ne constitue pas un symptôme relié à la vaccination. Dans le contexte des soins de santé et de l’exposition potentielle d’usagers vulnérables, le CINQ a maintenu, pour le moment, le critère de rhinorrhée / congestion nasale afin de conserver la plus grande sensibilité diagnostique même si la spécificité quant à elle est moindre.
  • La notion de dose de rappel correspond à l’administration d’une dose de vaccin plusieurs mois après la série de vaccination initiale, et ce, afin de faire augmenter le niveau de protection qui a pu décliner avec le temps. Cela diffère de l’administration rapide d’une dose additionnelle de vaccin (ex. : 3e dose) pour compléter la série initiale chez des personnes qui n’ont pas développé une protection optimale contre la maladie. C’est cette stratégie qui a été implantée récemment au Québec pour les personnes immunosupprimées (CIQ, 2021d).
  • Étant donné la circulation concomitante d’autres virus respiratoires dans la population, si un test pour la COVID-19 est effectué et que le résultat est négatif, il est nécessaire d’évaluer la pertinence de procéder à des analyses pour les autres virus respiratoires selon l’évolution clinique de l’usager et l’épidémiologie de ces virus. Pour plus d’informations sur la circulation des virus respiratoires, le lecteur est invité à consulter les pages Web du Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).
  • Pour l’évaluation des TdeS vaccinés lors de la deuxième dose ou d’une dose subséquente et des personnes avec un épisode de COVID-19 antérieur à leur dose de vaccin, nous recommandons de suivre l’Algorithme # 3 – Gestion des travailleurs de la santé post vaccination contre la COVID-19 2e dose OU vacciné 1re dose après un épisode de COVID-19 confirmé au lieu de l'outil d’autoévaluation des symptômes de la COVID-19 du MSSS.
  • L’algorithme #3 tient compte du fait que les réactions systémiques sont plus fréquentes après une 2e dose de vaccin (ou après une dose subséquente). Ainsi, les symptômes ont été différenciés entre ceux pouvant être le plus associés au vaccin dans les 72 heures après son administration et ceux non associés au vaccin et donc pouvant plutôt laisser suspecter une infection par le SRAS-CoV-2 (toux, dyspnée, congestion nasale, rhinorrhée, mal de gorge, anosmie, agueusie). Le délai d’apparition des symptômes est également important à déterminer afin de mieux orienter la prise en charge des TdeS.
  • Bien qu’il n’y ait actuellement pas de recommandations pour l’administration d’une dose de rappel pour les TdeS, certains travailleurs pourraient avoir reçu une dose supplémentaire pour des raisons personnelles (ex. : 3e dose de vaccin chez un TdeS immunosupprimé; deux doses de vaccin chez un TdeS ayant fait l’infection, mais désirant voyager; deux doses de vaccin à ARN messager après une dose du vaccin d’AstraZeneca). L’algorithme #3 devrait aussi être utilisé dans ces situations.
  • D’autres mesures pourraient diminuer l’impact sur les ressources humaines, comme :
    • Privilégier la vaccination du TdeS avant un congé de quelques jours;
    • Offrir la vaccination des TdeS d’une même unité/service sur plusieurs jours différents;
    • Informer le TdeS des effets secondaires plus fréquents suivant une deuxième dose ou une dose subséquente.

1 Ce document concerne tous les milieux de soins, soit les installations de soins de courte durée, les cliniques médicales (incluant les groupes de médecine familiale (GMF), cliniques externes, cliniques de dépistage de la COVID-19, etc.), les installations de réadaptation, les installations de santé mentale, les installations ayant une mission d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et les autres ressources d’hébergement de ce type (ex. : unité de soins de longue durée dans une résidence privée pour aînés) ainsi que lors des soins à domicile.