Prévention et contrôle des infections dans les urgences

Anne-Marie Lowe, Patrick Dolcé, Bruno Baril, Carine Sauvé, Danielle Goulet, Lise Langevin, Anne Fortin
 

Contexte :
Les urgences sont considérées comme les “portes d’entrée” des hôpitaux et font face à l’encombrement, à une haute intensité des soins, à un aménagement sous-optimal et à un roulement rapide des patients et du personnel. Peu de données sont disponibles dans la littérature à propos des mesures de prévention et contrôle des infections (PCI) dans les urgences. Cette étude a évalué la situation de la PCI dans les urgences du Québec.

Méthode :
Un questionnaire électronique portant sur l’aménagement, l’hygiène des mains, les mesures de PCI et l’hygiène et salubrité dans les urgences a été produit via le logiciel Survey Monkey. Le questionnaire a été envoyé en septembre 2010 aux répondants PCI des établissements de soins de santé aigus de > 1000 admissions/année. Les données ont été analysées avec Epi-Info 3.5.2 et SPSS Statistics 17.0.

Résultats :
Le questionnaire a été complété par 63/89 (71%) des répondants. Les urgences avaient en moyenne 22 lits (distribution : 5-52), incluant 30,3% de civières en chambres individuelles. Des chambres d’isolement respiratoires (CIR) étaient présentes dans 87% des urgences (distribution : 0-8 CIR). Le ratio des urgences qui avaient une proportion de toilette/lit entre 0 à 40% était de 85%. Des postes d’hygiène des mains étaient présentes près de 78,5% des civières. Des audits sur l’observance de l’hygiène des mains ont été menés dans 35/63 (55,5%) des urgences au cours des deux dernières années. Le taux d’observance était de <50% dans 90,6% des urgences. Une aire dédiée dans la salle d’attente pour cohorter les patients présentant des symptômes de maladies infectieuses était présente dans 87,1% des urgences. La surveillance du SARM et de l’ERV était faite dans 90,4% des urgences. Un comité PCI spécifique à l’urgence a été mis en place dans seulement 4,8% des urgences. Du personnel en hygiène et salubrité dédié était présent dans 76,2% des urgences.

Conclusion :
Dans les urgences du Québec, seulement 30% des civières ont été aménagées en chambres individuelles et l’observance à l’hygiène des mains était faible. Plus de données probantes et de lignes directrices sont requises à propos de la PCI dans les urgences.