Blessures associées aux activités pratiquées sur des plans d’eau naturels

Les activités pratiquées sur les plans d’eau naturels peuvent être associées à des noyades mortelles ou non mortelles, ainsi qu’à différents types de blessures telles que des blessures à la moelle épinière. La baignade et la navigation récréative comptent parmi ces activités.

Importance du problème

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, une personne est victime de noyade dès qu’il y a présence de liquide à l’entrée de ses voies respiratoires, ce qui l’empêche de respirer. Ainsi, la noyade n’entraîne pas nécessairement la mort; elle peut être mortelle, non mortelle avec séquelles ou non mortelle sans séquelles1.

Noyades mortelles et non mortelles

Au Québec, entre 2009 et 2015, 377 décès par noyades sont survenus sur un plan d’eau naturel. De ce nombre, 268 décès par noyade sont associés à une activité aquatique récréative comme la baignade ou un saut dans l’eau (135/268) ou à la navigation récréative (133/268), ce qui représente en moyenne 38 noyades mortelles par année2. Les activités pratiquées sur les plans d’eau naturels sont également associées à des noyades non mortelles, c'est-à-dire des asphyxies par submersion non mortelles. Durant la période 2009-2010 à 2018-2019, au moins 70 personnes ont été hospitalisées suite à une noyade non mortelle survenu sur un plan d’eau naturel, ce qui représente en moyenne au moins 7 cas par annéea,3. Les données disponibles ne permettent cependant pas de déterminer quelle proportion de noyades non mortelles survenues sur un plan d’eau naturel est attribuable aux activités aquatiques ou à la navigation récréative.

Blessures à la moelle épinière

Au Québec, entre 2000 et 2016, 12 décès sont attribuables à une blessure à la moelle épinière survenue à la suite d’un saut dans l’eau. Les informations disponibles ne permettent cependant pas de connaître le lieu de survenue de ces décèsb,4. De plus, entre 2009-2010 et 2018-2019, au moins 25 personnes ont été hospitalisées pour des blessures à la moelle épinière survenues à la suite d’un saut dans un plan d’eau naturel, ce qui représente en moyenne presque trois cas par annéec,5.

Circonstances

Noyades mortelles

La baignade, le jeu ou le barbotage dans l’eau figurent au premier rang des activités aquatiques récréatives à l’origine des noyades mortelles sur les plans d’eau naturels en représentent la majorité des cas (75 %). La baignade sur un plan d’eau naturel est à l’origine de 14 noyades mortelles en moyenne par année, ce qui représente 75 % des décès liés à une activité aquatique récréative. Au moment de la baignade, 41 % des personnes décédés âgées de 18 ans ou plus avaient consommé de l’alcool et 25 % présentaient un taux d’alcool supérieur à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang. De plus, quoique la capacité à nager ne prémunisse pas tous les baigneurs de la noyades, 34 % des victimes étaient considérées comme des non-nageurs ou de faibles nageurs. Cette proportion est probablement sous-estimée puisque l’information relative à la capacité de nager est manquante dans 49 % des cas2.

Près du quart (24 %) des personnes décédées par noyade liée à la navigation récréative âgées de plus de 18 ans avaient consommé de l’alcool et 18 % d’entre elles présentaient une alcoolémie supérieure à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang. Cette estimation est conservatrice puisque la présence ou l’absence d’alcool n’est pas connue dans 23 % des cas. Les statistiques disponibles montrent également que seulement 14 % des victimes portaient correctement leur vêtement de flottaison individuel, ce qui signifie que 86 % des victimes ne le portaient pas ou le portaient mal au moment de l’événement. Les principales activités en cause lors de noyades mortelles associées à la navigation récréative sont la pêche dans une embarcation (31 %), la navigation de plaisance dans un bateau à moteur (24 %), le canot (14 %) et le kayak (9 %)2.

Blessures à la moelle épinière

Une étude réalisée auprès de 44 personnes ayant subi une blessure à la moelle épinière au Québec entre 1961 et 2004 à la suite d’un saut dans un plan d’eau naturel a permis de documenter les circonstances dans lesquelles surviennent ces blessures. La majorité des sauts dans un plan d’eau naturel ayant causé la blessure ont été effectués dans un lac ou un étang (63 %) ou dans une rivière (20 %), le fond de l’eau n’était pas clairement visible dans 70 % des cas et les sauts ont été effectués dans moins de 1,4 m d’eau dans 79 % des cas. De plus, dans un certain nombre de cas, les blessés ont rapporté avoir consommé de l’alcool au moment de l’événementd,6.

Mesures de prévention

Différentes mesures de prévention peuvent être mises en place afin de réduire le nombre de noyades mortelles ou non mortelles et de blessures à la moelle épinière attribuables à la baignade et à la navigation récréative sur les plans d’eau naturels : ne pas consommer d’alcool, éviter de se baigner seul ou sans surveillance, examiner l’aire de baignade pour évaluer les risques (ex. : courant fort, profondeur insuffisante pour plonger de façon sécuritaire) et porter un vêtement de flottaison pour tous ceux qui sont dans une embarcation lors de la navigation récréative7.

Réglementation en vigueur

Les activités nautiques au Canada sont régies par une règlementation fédérale. La Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada et ses règlements connexes s’appliquent aux embarcations de plaisance et énonce notamment les exigences régissant la conduite de ces embarcations. Le Code criminel du Canada s’applique également à la navigation de plaisance. La conduite avec les facultés affaiblies, l’omission de s’arrêter sur les lieux d’un accident ou conduire une embarcation qui n’est pas en état de naviguer sont considérés comme des actes criminels8. Vous trouverez davantage d’information sur le site du Bureau de la sécurité nautique de Transport Canada.

Pour en savoir plus

a Puisque le lieu de survenue est indéterminé pour 88 des 408 noyades non mortelles survenues au Québec entre 2009-2010 et 2018-2019, le nombre d’hospitalisations attribuables à une noyade non mortelle survenue dans un plan d’eau naturel pourrait être plus élevé.
b Le lieu de survenue des décès résultant d’une blessure à la moelle épinière liée à un saut dans l’eau est inconnu. Les événements à l’origine de ces blessures ont pu survenir dans une piscine résidentielle, dans un bain public ou dans un plan d’eau naturel.
c Puisque le lieu de survenue des sauts dans l’eau provoquant une blessure à la moelle épinière est indéterminé pour 11 des 53 cas survenus au Québec entre 2009-2010 et 2018-2019, le nombre d’hospitalisations attribuables à une blessure à la moelle épinière suite à un saut dans un plan d’eau naturel pourrait être plus élevé.
d Parmi les 89 personnes interrogées ayant subi une blessure à la moelle épinière à la suite d’un saut dans une piscine (résidentielle ou publique) ou dans un plan d’eau naturel au Québec entre 1961 et 2004, 47 % ont rapporté avoir consommé de l’alcool au moment des événements. Les données disponibles ne permettent cependant pas de distinguer la part de ces personnes ayant effectué un saut dans un plan d’eau naturel.

Références

  1. Société de sauvetage (page consultée le 26 avril 2021). Qu’est-ce que la noyade?, [en ligne], http://societedesauvetage.org/qui-sommes-nous/la-noyade/
  2. Beaulac, É., Belley-Ranger, E. et Trudel, J. (2020). Faits saillants sur décès par noyade attribuables à la baignade et à la navigation récréative sur les plans d’eau naturels au Québec 2009 à 2015. Édition 2020. Direction de la sécurité dans le loisir et le sport, Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.
  3. Gagné, M. (2020). Hospitalisations pour noyades non mortelles. Fichier Med-Écho (2009-2010 à 2018-2019). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  4. Gagné, M. (2020). Décès attribuables à un saut dans l'eau provoquant une lésion traumatique autre que noyade ou submersion (2000-2016). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  5. Gagné, M. (2020). Hospitalisations attribuables à un saut dans l’eau provoquant une lésion médullaire. Fichier Med-Écho (2009-2010 à 2018-2019). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  6. Barss, P., Djerrari, H., Leduc, B. E., Lepage, Y. et Dionne, C. E. (2008). Risk factors and prevention for spinal cord injury from diving in swimming pools and natural sites in Quebec, Canada: a 44-year study. Accident, Analysis and Prevention, 40(2), 787‑797.
  7. Sergerie, D. et Turner S. (Page consultée le 6 janvier 2017). Prévention des noyades et des quasi-noyades. [en ligne], http://www.inspq.qc.ca/prevention-traumatismes/noyades-et-quasi-noyades
  8. Transport Canada (2014). Guide de sécurité nautique. Conseils et règles à suivre pour les plaisanciers. [en ligne], https://tc.canada.ca/sites/default/files/migrated/tp_511f.pdf