Synthèse sur le variant G614 du SRAS-CoV-2 : répercussions épidémiologiques et cliniques sur la COVID-19

La surveillance des mutations qui s’accumulent naturellement dans le génome du SRAS-CoV-2 est une priorité de santé publique et clinique. Elle permet d’anticiper et d’évaluer les impacts potentiels des mutations sur les caractéristiques épidémiologiques et cliniques du virus. Elle vise à informer la prise de décision dans la lutte contre la COVID-19.

Le but de ce document est de faire l’état des connaissances sur le premier variant d’intérêt du SRAS-CoV-2 désigné G614 qui a émergé durant l’hiver 2020 et est rapidement devenu dominant dans le monde. Le document résume les études sur les effets de la mutation D614G sur les caractéristiques biologiques de ce variant (transmission, virulence, détection et sensibilité aux vaccins) comparativement à la souche de référence.

Les questions en lien avec les trois variants du SRAS-CoV-2 sous surveillance rehaussée qui ont émergé durant l’automne 2020 au Royaume-Uni (B.1.1.7), en Afrique du Sud (B.1.351) et au Brésil (P.1) font l’objet d’une autre synthèse qui est accessible par ce lien.

Cette synthèse a été rédigée avec la collaboration du Comité sur la surveillance génomique du SRAS-CoV-2 au Québec de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

  • Un premier variant d’intérêt du SRAS-CoV-2, désigné G614, est apparu durant les premiers mois de la pandémie de COVID-19 et s’est rapidement propagé dans le monde entier. Comparativement à la souche de référence (Wuhan-Hu-1) isolée en Chine en décembre 2019, il se caractérise par la mutation D614G, soit le remplacement de l’acide aspartique (D) en glycine (G) à la position 614 dans la protéine de spicule (ou spike en anglais).
  • Actuellement, la mutation D614G se retrouve dans plusieurs lignées du SRAS-CoV-2, soit environ 96 % des séquences mondiales du virus. Au Québec, cette mutation est également dominante et sa contribution à l’évolution de l’épidémie de COVID-19 dans la province durant la première vague est actuellement à l’étude.
  • Comparativement à la souche de référence, le variant G614 est associé à une charge virale plus élevée dans les voies respiratoires supérieures et serait plus efficace pour se répliquer et se transmettre (de 20 à 30 %), ce qui pourrait contribuer à sa transmissibilité accrue. Des évènements de propagation intense causés par des rassemblements au début de la pandémie pourraient être à la source de sa dominance mondiale.
  • Selon l’état actuel des connaissances, les études d’association ne permettent pas de conclure que le variant G614 a un impact plus important sur les hospitalisations et les décès que la souche de référence durant les premiers mois de la pandémie. L’âge, le sexe et les comorbidités sont les principaux facteurs de risque associés à la gravité clinique de la COVID-19.
  • La mutation D614G n’affecterait pas la performance des trousses de détection des acides nucléiques du SRAS-CoV-2 ni celles de détection d’anticorps sériques contre ce virus. De plus, les vaccins développés contre la COVID-19 à partir de la souche de référence seraient d’efficacité équivalente contre le variant G614. Cependant, une surveillance continue de leur performance respective est nécessaire en raison de l'émergence d’autres variants du SRAS-CoV-2.
Synthèse sur le variant G614 du SRAS-CoV-2 : répercussions épidémiologiques et cliniques  sur la COVID-19

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